Ce qui compte le plus : l'état, pas l'âge
Beaucoup de propriétaires pensent qu'un piano ancien a forcément de la valeur, ou au contraire qu'un piano de plus de cinquante ans ne vaut plus rien. Les deux sont faux. Un piano de 1930 bien entretenu peut valoir plus qu'un piano de 1990 négligé dans une pièce trop sèche.
Le professionnel qui estime un piano regarde d'abord les pièces qui coûtent cher à réparer :
- La table d'harmonie, le grand panneau de bois qui amplifie le son. Une fente fine n'est pas toujours grave ; une table affaissée ou décollée fait chuter la valeur.
- Le sommier et les chevilles. Si les chevilles ne serrent plus, le piano ne tient pas l'accord. C'est souvent le point qui condamne un vieux piano.
- Le cadre en fonte. Une fêlure le rend pratiquement invendable.
- La mécanique et les marteaux. L'usure se règle, mais une mécanique à reprendre entièrement représente plusieurs centaines, voire milliers d'euros.
La marque et le modèle
À état égal, la marque fait une vraie différence. Les grandes marques allemandes et autrichiennes (Steinway, Bösendorfer, Bechstein, Blüthner, Grotrian-Steinweg, Förster, Seiler…) et les japonaises (Yamaha, Kawai) se revendent bien, parce que les acheteurs les connaissent et que leur qualité de fabrication est régulière. Les grandes marques françaises (Pleyel, Gaveau, Érard) ont une forte valeur patrimoniale, mais le prix dépend énormément de l'époque et de l'état.
Le modèle compte aussi : un piano droit de 131 cm a plus de son et se vend mieux qu'un petit piano de 110 cm de la même marque. Pour les pianos à queue, la longueur joue de la même façon.
L'âge, grâce au numéro de série
L'année de fabrication permet de situer le piano dans l'histoire de la marque. Elle se retrouve avec le numéro de série, frappé le plus souvent sur le cadre doré. Notre outil gratuit la calcule pour 24 marques.
Les détails qui font monter ou baisser le prix
- Cordes croisées ou parallèles : les pianos anciens à cordes parallèles (les cordes graves ne passent pas au-dessus des autres) ont rarement une valeur marchande, sauf exception.
- Un clavier en ivoire : c'est un signe d'ancienneté, mais sa vente est encadrée par la réglementation. Il faut le signaler.
- Un système silencieux (pour jouer au casque) : c'est un vrai plus pour les acheteurs en appartement.
- Le meuble : un vernis abîmé ne change pas le son, mais il pèse sur le prix de revente.
- L'accès : un piano au troisième étage sans ascenseur coûte plus cher à enlever, ce que l'acheteur ou le professionnel prendra en compte.
Prix de vente, prix de reprise, prix de dépôt-vente
Il n'y a pas un prix, mais trois. Le prix auquel un particulier achètera votre piano, le prix qu'un magasin vous proposera en reprise (plus bas, car il doit remettre le piano en état, le garantir et le stocker), et le prix de vente en dépôt-vente, sur lequel le magasin prélève une commission. Un bon professionnel vous donne les trois pour que vous choisissiez en connaissance de cause.
Pourquoi les annonces en ligne trompent
Les prix affichés sur les sites de petites annonces sont des prix demandés, pas des prix de vente. Beaucoup de pianos restent en ligne des mois sans trouver preneur. Comparer votre piano à une annonce, c'est comparer votre maison à une autre sans l'avoir visitée.
La seule façon fiable de connaître la valeur de votre piano, c'est qu'un professionnel le voie, ouvre le couvercle et joue quelques notes.
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